J’irai dormir à Hollywood

On the road again.

Pour son premier long-métrage, Antoine de Maximy reprend le concept qui a fait son succès sur France 5, dans l’émission J’irai dormir chez vous : il part à l’aventure pour rencontrer les populations des pays qu’il traverse, en les saisissant dans leur vie de tous les jours. Armé de trois caméras et de son culot, il tente de brosser un portait d’une société à un moment donné.

J’irai dormir à Hollywood est à la fois le titre du film et le défi qu’Antoine de Maximy s’est lancé : il va traverser les Etats-Unis par ces propres moyens et va essayer de finir son périple en beauté en dormant chez une star du cinéma. Pourquoi avoir choisi les Etats-Unis? D’une part, de son propre aveu, il n’avait jamais fait d’émission aux Etats-Unis. Mais aussi parce que ce pays si vaste, si contrasté, tant dans ses paysages que dans ses mentalités méritait bien une heure et demie de film pour tenter d’en capter les différences.

De New York à Los Angeles, en passant par la Louisiane, le Texas, le Nouveau-Mexique, Antoine de Maximy fait des rencontres tantôt drôles, tantôt effrayantes, voire franchement surréalistes (à voir notamment la jambe de Happy le squelette chez un couple de vieux acrobates). Et c’est peut-être là que réside la faiblesse du projet. En effet pour pouvoir maintenir un rythme sur une heure trente de road-movie, le réalisateur est obligé de ne montrer que des scènes spectaculaires, ou représentatives d’une certaine tension entre lui et les gens qu’il rencontre. Même si tous les documentaires ont nécessairement un parti pris de part le choix du sujet ou des images diffusées, on a tout le temps le sentiment diffus d’une condescendance européenne pour les Etats-Unis. Tous les Américains montrés sont des fous furieux, ou des dégénérés obèses. Même si l’on rit, on rit de leur bêtise et de leur paranoïa et on se rassure en se disant qu’on est mieux chez nous.

J’irai dormir à Hollywood est donc un film réussi, mais à condition de le prendre pour ce qu’il est, c’est-à-dire un film avec tout un travail de montage et de choix des scènes, et surtout pas un documentaire qui prétendrait à l’objectivité.

J’irai dormir à Hollywood, film documentaire français d’Antoine de Maximy, 2008. En salles actuellement.

Hélène Zaremba, le 14 décembre 2008.


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Publié dans: on 14, 12, 2008 at 2:10 Laisser un commentaire