Good morning England

Nous sommes en 1966, l’âge d’or des radios pirates en Grande-Bretagne. Tout le monde écoute néanmoins Radio Rock, radio émise depuis un bateau stationné en mer du Nord, et animée par une bande de DJ délirants, qui passent le meilleur du rock et de la pop. Mais le gouvernement britannique ne l’entend pas de cette oreille et compte bien tout mettre en œuvre pour les empêcher d’émettre.

L’intérêt du film ne repose pas vraiment sur l’intrigue : tout au plus la lutte que mène un ministre ultra-conservateur (Kenneth Branagh, méconnaissable et hilarant) contre cette musique « obscène » qui symbolise la décadence de « feu la grande nation britannique ».

Il s’agit davantage de composer une galerie de portraits et surtout d’illustrer l’atmosphère des swinging sixties, où sexe, drogues et rock’n'roll étaient les maîtres mots. La musique est réellement l’acteur principal, et tous sont prêts à mourir pour elle, pour faire partager leur passion et clamer leur soif de liberté. La bande-son est d’ailleurs impeccable et ravira tous les amateurs du genre et même les autres, tant l’enthousiasme des acteurs est porte le film. The Kinks – All Day And All of the Night, Jimi Hendrix Experience – The Wind Cries MaryRolling Stones – Lets Spend The Night Together… que de lourd, que du bon!

Good morning England est donc un film irrésistible, drôle, et animé par une formidable énergie furieusement communicative. Les acteurs s’amusent visiblement comme des fous, et nous entraînent dans leur univers. Radio Rock n’existe peut-être plus, mais l’esprit du rock et la pop survit toujours… Groovy baby!

Good morning England, film britannique de Richard Curtis. Avec Philip Seymour Hoffman, Bill Nighy, Rhys Ifans…, 2009. En salles actuellement.

Hélène Zaremba, le 21 mai 2009.

Retour à l’accueil.

Publié dans: on 22, 05, 2009 at 8:08 Laisser un commentaire
Tags: , ,

Le sens de la vie pour 9,99$

Plusieurs personnages, plusieurs vies se croisent dans un même immeuble : il y a là Dave le jeune chômeur rêveur et son frère Lenny, l’agent de recouvrement dragueur,  M. Kweller le vieil homme solitaire et bavard, Zack le petit garçon fan de football, Ron l’éternel ado largué par sa fiancée, … Tous, en l’espace d’une semaine vont voir leur vie changer grâce à un événement, qu’il soit infime, insolite ou fantastique.

Seront-ils plus heureux ainsi? Peut-être pas, mais leur vie aura changé de sens.

Tous les personnages de l’immeuble sont dans une situation d’attente et cherchent à combler un manque : ils veulent du travail, une oreille attentive, un nouveau jouet. Mais, et c’est là que le film prend tout son intérêt, c’est qu’à leurs questions somme toute ordinaires, ce sont des réponses extraordinaires que le destin va leur envoyer. Le fantastique fait irruption dans cet univers banal, lorsque Dave achète par correspondance un livre de développement personnel Le sens de la vie, pour la modique somme de 9,99$. Progressivement, des événements étranges arrivent dans l’immeuble et bouleverse la vie de ses habitants. Le vieux M. Kweller voit débarquer un ange gardien cynique et râleur, Ron, en plein questionnement sur sa rupture, reçoit la visite de trois anciens copains de la fac, mais en miniature et Lenny, pour l’amour d’une top-model, devient prêt à renoncer jusqu’à ses os. Quant à Zack, son cochon-tirelire a un tel sourire qu’on ne pourrait le casser, même pour s’offrir le jouet de ses rêves…

Le film est tiré d’un recueil de nouvelles de l’écrivain israélien Etgar Keret. Pour l’homogénéité de l’ensemble, la cinéaste Tatia Rosenthal a eu la très bonne idée de prendre plusieurs éléments de chaque nouvelle et les rendre interdépendants, plutôt que d’en faire une suite de saynètes.  Les personnages vivent chacun leur histoire, mais sont reliés par le même fil rouge, qui permet d’apprécier l’ensemble du film sans avoir une histoire phare au détriment des autres.

L’autre bonne idée, et pas la moins importante, est d’avoir réalisé le film en pâte à modeler. Outre que l’animation est très réussie, elle permet de mettre tous les événements sur le même plan, aussi bien les situations ordinaires de la vie quotidienne que les situations les plus invraisemblables. Les ailes dans le dos de l’ange gardien sont aussi crédibles qu’un simple cheese-cake, chose qui n’aurait pas été aussi évidente à faire passer avec des objets réels. L’animation nous fait entrer dans un univers fantastique mais néanmoins crédible, où ce ne sont pas les situations étonnantes qui nous interpellent, mais bien les questionnements sur la solitude, l’amour, la prise de conscience que la vie nous mène dans une impasse et comment en sortir.

Le sens de la vie pour 9,99$ est donc moins un film fantastique qu’un film sur les problématiques de nos vies contemporaines : il en devient par là universel et très réussi.

Le sens de la vie, film d’animation israélien de Tatia Rosenthal. Avec les voix de Geoffrey Rush, Anthony LaPaglia… En salles actuellement.

Hélène Zaremba, le 17 mai 2009.

Retour à l’accueil.

Publié dans: on 19, 05, 2009 at 8:34 Laisser un commentaire
Tags: , ,